Cimetière des trains, Uyuni

Laissés à l'abandon à la lisière du Salar d'Uyuni , de vieilles carcasses de locomotives et de wagons composent une complainte bolivienne, en souvenir des premiers chemins de fer du pays des Cholitas. Avec elles, l'activité minière autrefois prospère s'est arrêtée dans une région aujourd'hui délaissée. Bienvenue au cimetière des trains d'Uyuni.

Histoire

Les installations ferroviaires firent partie des priorités du gouvernement du président constitutionnel bolivien Aniceto Arce lorsqu'il prit le pouvoir en septembre 1888. Presque que la totalité des recettes fiscales nationales furent affectées aux chantiers au cours de son mandat. La première ligne de chemin de fer en Bolivie relia Antofagasta à Uyuni , qui accueillit son premier train le 20 novembre 1890. Le projet prospéra durant la présidence du Dr Eliodoro Villazón avec l'arrivée d'importants investisseurs internationaux attirés par l'exploitation minière dans le pays. La bourgade d'Uyuni évolua en tant que carrefour ferroviaire pour le transfert de l'étain, de l'argent et de l'or, entre autres minerais, depuis le site d' Huanchaca vers les ports de l'océan Pacifique.

Avec le temps et le Chili qui priva la Bolivie de l'accès à la mer, l'activité minière régressa dans les années 40, entrainant dans son déclin de nombreux trains. Les administrateurs de la ligne de chemin de fer entre Antofagasta devenue chilienne et Uyuni en Bolivie souhaitèrent créer un dépôt avec les machines endommagées et rejetées, dans le but de recycler leurs pièces plus tard. Malheureusement, le projet fut négligé et le site systématiquement pillé. De ces faits naquit le cimetière des trains oubliés d'Uyuni.

Aujourd'hui

Uyuni qui signifie « lieu de concentration » dans la langue aymara est connue pour son désert de sel - le plus grand de toute la planète, et depuis quelques années pour avoir été une étape du Rallye Dakar. Mais avant de pénétrer dans les étendues du Salar d'Uyuni, à environ 3 km du centre-ville, il devient commun pour les visiteurs de faire une halte au cimetière des trains oubliés.

Un vestige de l'âge d'or de la Bolivie

Ce qu'on pourrait qualifier d'entrepôt ferroviaire à Uyuni fait rêver les voyageurs romantiques qui se laissent facilement intriguer par les machines abandonnées sur les rails. Quelques graffeurs n'ont pas hésité à profiter du cadre insolite pour apposer leur marque. Les masses métalliques sont devenues le support d'un art urbain évocateur. On y trouve entre autres messages « Aquí yace el progreso » et « Así es la vida », se traduisant respectivement par « Ici réside le progrès » et « C'est la vie ».

La poussière et l'odeur de la rouille planent dans l'air, alourdissant le peu d'oxygène pouvant être respiré à cette altitude (plus de 3 000 m). De jour comme de nuit, les wagons subissent les agressions du désert : les vents, le froid, l'érosion, etc. Mais les murs d'acier et les roues de fer errantes résistent, tant bien que mal. Le paysage a peu changé ces dernières années et ne disparaîtra pas de sitôt.

Malgré son importance historique et son potentiel attractif, le cimetière de train d'Uyuni ne constitue pas un musée officiel. Il demeure à ce jour un simple dépotoir de métaux, peut-être condamné à l'indifférence.

Les excursions à combiner avec la découverte du cimetière de trains d'Uyuni

Le cimetière de trains d'Uyuni reste un arrêt parmi tant d'autres pour les aventuriers découvrant la Bolivie. Des attractions proches le surpassent de loin, à commencer par le Salar d'Uyuni, le principal point d'intérêt de la région. C'est la plus vaste étendue de sel sur Terre , avec sa superficie d'environ 11 000 km². Au cœur du désert, l' Incahuasi ou la « maison de l'Inca » abrite des cactus géants – les plus grands mesurent près de 12 m. Ne manquez pas non plus la fabrique de sel de Colchani située à une vingtaine de minutes en voiture de Uyuni.

Fondée avec son chemin de fer en 1890, la ville d'Uyuni offre de belles promenades dans un environnement digne du Far West. Flânez le long de sa rue principale ponctuée de bars à routards, enserrés entre des logements patinés par le temps et la météo rude, avec en toile de fond les éminents sommets de la cordillère des Andes. N'hésitez pas à approcher les femmes aux robes multicolores et aux chapeaux melon, bien posées au coin des ruelles, pour demander votre chemin ou commander un verre de jus fait maison. À tout moment, gardez à portée de main votre appareil photo pour capturer les paysages et les scènes de vie au sein de cette bourgade où le temps semble s'être suspendu, comme au cimetière des trains oubliés.

Infos pratiques

Comment s'y rendre ?

Bien qu'elle ne rayonne plus comme avant, Uyuni tient encore un rôle important pour le transport en Bolivie. Elle se trouve à la confluence de quatre chemins de fer boliviens majeurs desservant les villes de La Paz, Potosi, Calama au Chili et Villazón en Argentine. Il existe un aéroport non loin nommé Joya Andina, mais sa desserte est limitée à Sucre et La Paz. En tenant compte de la praticité et des avis des visiteurs, le bus reste le moyen de transport recommandé pour venir à Uyuni. Le trajet depuis La Paz à 540 km dure à peu près 10 h. Comptez environ 6 h de route en partance de Potosi à 240 km et 8 h depuis Oruro à 320 km.

Arrivé à Uyuni, prenez un bus à destination du salar. Il suffit ensuite d'indiquer au chauffeur que vous voulez descendre au cimetière de train.

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