
La ville de Tarija
La ville de Tarija
Au sud de la Bolivie, Tarija mêle vignobles d'altitude, héritage colonial et douceur chapaca. Notre guide complet pour préparer votre voyage.
Nichée dans une vallée s'élevant à 1860 m d'altitude en bordure du fleuve Guadalquivir, Tarija révèle une tout autre facette de la Bolivie. Loin de l'Altiplano battu par les vents, vous trouvez ici un climat doux, des collines couvertes de vignes et une douceur de vivre qui surprend les voyageurs habitués aux paysages andins. Connue encore sous le nom de ciudad de las flores ou la « cité des fleurs », la ville cultive son identité chapaca à travers son vin, son singani et ses fêtes.
Tarija en bref
| Pays | Bolivie, département de Tarija (sud) |
| Altitude | 1 860 m (climat tempéré toute l'année) |
| Surnom | Ciudad de las flores, capitale du vin bolivien |
| À voir | Casa Dorada, Plaza Luis de Fuentes, vignobles de la vallée |
| Spécialités | Singani, vins d'altitude, gastronomie chapaca |
| Durée conseillée | 3 à 4 jours |
| Meilleure période | Mars à mai (vendanges et carnaval chapaco) |
Un peu d'histoire
La ville de Tarija a été fondée par Luis de Fuentes y Vargas le 4 juillet 1574, sur ordre du vice-roi de Lima Francisco de Toledo. Sa fondation visait à contenir les incursions des Indiens chiriguanos. À cette époque, on la connaît sous le nom de Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa.
Le climat doux et tempéré favorise rapidement la culture de la vigne, du blé, des oranges et des oliviers, ainsi que l'élevage. La population espagnole s'enracine durablement dans la vallée.
Le nom de la ville vient de Francisco de Tarija, un Andalou membre de l'expédition de Diego de Almagro. Il fut le premier Espagnol à visiter la vallée, alors peuplée par l'ethnie indienne Tomata.
Que voir à Tarija
La Plaza Luis de Fuentes y Vargas
Cœur administratif et politique de la ville, la place centrale s'organise autour d'une fontaine, à l'ombre des palmiers. La Mairie, le Gouvernement du département, le Conseil Municipal et les banques se trouvent à proximité. C'est ici que se déroulent le carnaval chapaco, les défilés, les événements politiques et les fêtes religieuses. Un bon point de départ pour parcourir le centre à pied.
Église San Roque et chapelle Lomas de San Juan
L'église San Roque est dédiée à l'un des saints les plus vénérés des Tarijéniens. Peint en bleu et blanc, son balcon servait autrefois d'observatoire pour les gardes de la ville, perché en haut de sa colline.
La chapelle Lomas de San Juan a été édifiée en 1632. Sa façade d'une blancheur éclatante domine un panorama sur toute la vallée. C'est entre ses murs que les Espagnols ont signé leur reddition en 1817, remettant la ville aux indépendantistes.
La Casa Dorada et l'El Castillo Azul
La Casa Dorada se reconnaît à ses façades or et blanc et à sa décoration intérieure chargée. Demeure d'un riche tarijeño, elle est devenue tour à tour centre commercial puis Maison de la Culture de Tarija. La visite mérite un détour pour ses peintures, ses moulures et son atmosphère hors du temps.
À quelques rues de là, l'El Castillo Azul affiche ses façades bleu vif. Construit pour le riche propriétaire Navajas, ce bâtiment est aujourd'hui une propriété privée qui se visite sur demande.
Que faire à Tarija
Parcourir les vignobles et la route du vin
Tarija concentre l'essentiel de la production viticole bolivienne. À une trentaine de kilomètres au sud-est, El Valle de la Concepción et la vallée de Santa Ana abritent les principales bodegas. Les vignobles de Tarija figurent parmi les plus hauts du monde, ce qui donne aux raisins une concentration aromatique singulière. Vous y dégustez du cabernet sauvignon, du merlot, de la barbera, du moscatel, mais aussi le fameux singani bolivien, eau-de-vie distillée à partir de muscat d'Alexandrie. Plusieurs domaines proposent visite des chais et dégustation commentée.
Randonner dans la Réserve biologique Cordillère de Sama
À plus de 3 600 m d'altitude, la lagune Tajzara s'étend sur 10 000 hectares au cœur de la Cordillère de Sama. Elle abrite trois espèces de flamants roses ainsi que le cerf andin, le lama, le renard et le puma. En vous éloignant des berges, vous croisez des ruines incas et pré-incas peu fréquentées. Les amoureux de nature y passent facilement une journée entière, jumelles autour du cou.
Se baigner à Balneario de Tomatitas
À 4 km au nord de la ville, Tomatitas est le rendez-vous dominical des familles tarijéniennes. Les fleuves Guadalquivir, Erquis et La Victoria s'y rejoignent. Espaces verts, piscines naturelles, bosquets et terrains de sport composent un cadre simple et agréable. Aux alentours, les cascades de Coimata et les Chorros de Jurina offrent des baignades plus sauvages.
Goûter la cuisine chapaca
La cuisine de Tarija mêle influences andines et héritage andalou. Saïce (ragoût de bœuf épicé), chancao de pollo, ranga ranga ou cangrejos del río se dégustent dans les peñas du centre, souvent accompagnés de musique folklorique. Terminez par un verre de singani allongé d'eau gazeuse et de citron : le chuflay, cocktail national.
Où dormir à Tarija
L'offre d'hébergement reste à taille humaine, ce qui rend les nuits plus authentiques qu'à La Paz ou Sucre.
- Guesthouses et hostales (15-30 €) : maisons familiales du centre historique, petit-déjeuner avec pain frais et confiture maison, idéal pour les voyageurs en sac à dos.
- Boutique-hôtels (60-120 €) : demeures coloniales restaurées, patios fleuris, parfois piscine. Plusieurs adresses se nichent à quelques rues de la Plaza Luis de Fuentes.
- Lodges et domaines viticoles (150 €+) : dans la vallée de la Concepción, certaines bodegas proposent des chambres au milieu des vignes, avec dégustation privée et table d'hôte.
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Quand partir à Tarija
Grâce à son altitude modérée, Tarija jouit d'un climat tempéré toute l'année, avec des journées ensoleillées et des nuits fraîches.
- Décembre à mars (saison humide) : températures de 15 à 28 °C, averses en fin d'après-midi, vignobles d'un vert intense. Le carnaval chapaco se tient en février et reste l'un des plus colorés de Bolivie.
- Fin février à début mars : la fête des vendanges marque le début de l'élaboration du vin. Concerts, bals et dégustations envahissent la vallée.
- Avril à juin : période la plus agréable, ciel dégagé, températures douces (10 à 24 °C), peu de pluie.
- Juillet à août (saison sèche) : nuits froides (jusqu'à 0 °C), journées lumineuses, idéal pour la randonnée à la Cordillère de Sama.
- Septembre à novembre : printemps austral, floraison, pas encore de pluies.
Comment se rendre à Tarija
En avion
Le moyen le plus rapide reste l'avion. L'aéroport Capitán Oriel Lea Plaza est desservi par des vols quotidiens depuis La Paz (1 h 30), Santa Cruz (1 h) et Cochabamba. Comptez environ 3 heures de trajet total depuis La Paz, escale incluse.
En bus
Tarija est reliée par bus à toutes les grandes villes du pays. Depuis La Paz, le trajet passe par Potosí ou Oruro et dure entre 12 et 18 heures. Les bus-cama (couchettes) sont confortables, mais la route reste longue et sinueuse. Une option intéressante depuis le sud : remonter depuis Villazón ou la frontière argentine en 6 à 8 heures.
Conseils insider
- Sur la route des vins, privilégiez une journée complète avec chauffeur : trois bodegas en une matinée, c'est trop. Deux visites espacées d'un déjeuner permettent vraiment d'apprécier les terroirs d'altitude.
- Le singani se boit jeune. Demandez un singani de uva moscatel d'Alexandrie, c'est la signature locale.
- Au carnaval chapaco, les habitants sortent les costumes traditionnels le jeudi gras (jueves de comadres). Réservez votre hébergement deux mois à l'avance.
- La Cordillère de Sama se visite tôt le matin : les flamants roses sont plus actifs et le vent monte vite l'après-midi.
- Adaptez-vous à l'altitude : si vous arrivez de La Paz, Tarija fera office de douce redescente. Dans l'autre sens, prévoyez quelques jours d'acclimatation avant de monter.
Tarija, pour qui ?
- Pour les amateurs de vin : terroir d'altitude unique, bodegas familiales, dégustations à prix doux loin du tourisme de masse.
- Pour les voyageurs en quête d'authenticité : peu de visiteurs étrangers, hospitalité chapaca, fêtes de quartier ouvertes aux passants.
- Pour les randonneurs : la Cordillère de Sama offre un terrain de jeu sauvage, entre lagunes d'altitude et faune andine.
- Pour les familles : Tomatitas, cascades et baignades naturelles plaisent aux enfants.
- Moins adapté aux voyageurs pressés : Tarija se mérite par la route ou demande un vol intérieur supplémentaire.
Questions fréquentes
Trois à quatre jours suffisent pour découvrir le centre colonial, parcourir la route des vins et faire une excursion à la Cordillère de Sama ou à Tomatitas.
Avril à juin offre le climat le plus agréable. Pour les vendanges et le carnaval chapaco, visez fin février à début mars, mais réservez votre hébergement à l'avance.
Oui, mais modérément : la ville est à 1 860 m. Le mal d'altitude y est rare, à la différence de La Paz ou Potosí. La lagune Tajzara, en revanche, culmine à 3 600 m.
Le singani est l'eau-de-vie nationale bolivienne, distillée à partir de raisin muscat d'Alexandrie cultivé en altitude. Tarija en est la capitale historique. On le boit pur ou en chuflay (singani, ginger ale, citron).
Le plus simple est de réserver une journée œnotouristique avec chauffeur ou guide. Les transports publics existent vers El Valle de la Concepción mais ne desservent pas toutes les bodegas.
Oui, Tarija est l'une des villes les plus tranquilles de Bolivie. Les précautions habituelles suffisent : éviter les rues désertes la nuit et garder ses effets personnels en sécurité dans les bus longue distance.
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