
Vallée du Chapare
Vallée du Chapare
À la jonction des Andes et de l'Amazonie bolivienne, la vallée du Chapare réunit forêts tropicales, parcs nationaux et communautés indigènes autour de Villa Tunari.
La vallée du Chapare s'étend dans le département de Cochabamba, à la jonction des Andes et de l'Amazonie bolivienne. Ce "Tropique de Cochabamba" combine forêts tropicales humides, rivières puissantes et parcs nationaux abritant une biodiversité parmi les plus denses du pays. Villa Tunari, son principal point d'accès, sert de base pour explorer le parc Machia, le parc national Carrasco et le territoire indigène Isiboro Sécure.
Pourquoi visiter la vallée du Chapare
Le Chapare offre un contraste géographique rare : en quelques heures de route depuis Cochabamba, on passe des hauts plateaux andins aux basses-terres amazoniennes. Cette zone de transition concentre plusieurs paliers écologiques sur un faible dénivelé, ce qui explique la richesse de sa faune et de sa flore : forêts de nuages, Yungas couverts de mousses et de lichens, orchidées, broméliacées, fougères arborescentes et plus de mille espèces d'oiseaux.
La région reste en marge des circuits classiques, plus tournés vers le Salar d'Uyuni ou le lac Titicaca. Elle attire principalement les voyageurs intéressés par l'observation animalière, les parcs nationaux et le tourisme communautaire avec les peuples Yuracaré et autres communautés indigènes installées le long du rio Chapare, affluent du rio Mamoré.
Il faut savoir que le Chapare est l'un des principaux secteurs de culture de la coca en Bolivie. La feuille y est cultivée légalement pour les usages traditionnels, mais la région a longtemps été associée à l'économie illégale de la cocaïne. La situation s'est nettement stabilisée depuis les années 2000 et le tourisme s'y développe normalement, en particulier autour de Villa Tunari.
Histoire
Les Yuracaré sont les premiers habitants documentés de la région. La province du Chapare a été créée par décret le 10 juin 1854, avant d'être englobée dans celle de Cercado puis rétablie comme entité autonome le 31 décembre 1888.
La colonisation moderne s'est étalée entre 1920 et 1940, mais elle est restée limitée jusqu'au milieu des années 1970. Le véritable basculement intervient au début des années 1990, avec la construction du nouvel axe routier reliant Cochabamba à Santa Cruz. Cette infrastructure a désenclavé la vallée, accéléré l'arrivée de colons andins et structuré l'activité agricole — coca, banane, agrumes, ananas — qui caractérise aujourd'hui le territoire.
Que voir et que faire
Villa Tunari
Située à 166 km de Cochabamba, entre les rivières Espiritu Santo et San Mateo, Villa Tunari est le centre d'accès du Chapare. La bourgade dispose d'hébergements variés, de restaurants spécialisés dans le poisson de rivière et concentre les activités de plein air : canoë, rafting, tyrolienne et trekking en jungle. C'est aussi le point de départ pour les parcs nationaux voisins.
Parc Machia
Adossé à Villa Tunari, le parc Machia est un centre de réhabilitation animale géré en partie par des bénévoles étrangers. Il accueille des singes capucins et hurleurs sauvés du trafic, ainsi que d'autres espèces en convalescence. Les sentiers offrent des points de vue sur la Cordillère orientale et les basses-terres. Conseil pratique : ne laissez aucun objet visible (téléphone, lunettes, briquet) — les singes sont rapides et tenaces.
Parc national Carrasco
Le parc national Carrasco fait partie d'un corridor de conservation reliant la Bolivie au Pérou. On y trouve des forêts de nuages, des canyons, des cascades et un réseau de rivières torrentielles. La réserve des Cavernas del Repechón abrite des guacharos (oiseaux nocturnes) et plusieurs espèces de chauves-souris ; on y accède en traversant le rio San Mateo via un câble suspendu (oroya). Les zones les plus inaccessibles du parc seraient occupées par des groupes indigènes en isolement volontaire.
Parc national Isiboro Sécure
Ce territoire indigène et parc national (TIPNIS) abrite plusieurs communautés autochtones vivant de la chasse, de la pêche et de l'agriculture. Le paysage alterne marécages, lagunes et forêts de nuages. Les sites d'Incachaca et de la Laguna Corani, dans la partie haute du parc, sont accessibles depuis Cochabamba pour des excursions à la journée.
Quand y aller
Le Chapare reçoit en moyenne 5 850 mm de précipitations par an, ce qui en fait l'une des zones les plus pluvieuses de Bolivie. La saisonnalité est marquée :
- Saison sèche (mai à septembre) : période recommandée. Les pistes restent praticables, l'observation animalière est plus facile et les rivières sont navigables sans danger excessif.
- Saison humide (novembre à mars) : pluies intenses, crues fréquentes du rio Chapare, certains sentiers et accès aux parcs deviennent impraticables.
- Mois de transition (avril, octobre) : compromis acceptable, végétation luxuriante, moins de visiteurs.
Comment s'y rendre
L'accès se fait depuis Cochabamba par la route Cochabamba–Santa Cruz, en environ 3 à 4 heures de trajet jusqu'à Villa Tunari. Plusieurs options :
- Bus régulier : départs fréquents depuis le terminal de Cochabamba, tarif modéré.
- Trufi (taxi collectif) : plus rapide, départ quand le véhicule est complet.
- Voiture de location ou véhicule privé : option la plus souple pour rayonner ensuite vers les parcs.
Depuis Santa Cruz, la même route relie la vallée en 5 à 6 heures.
Informations pratiques
- Durée recommandée : 2 à 4 jours pour combiner Villa Tunari, le parc Machia et une excursion dans le parc Carrasco.
- Hébergement : Villa Tunari concentre l'offre, allant des hostales basiques aux complexes avec piscine et spa.
- Sécurité : la zone touristique autour de Villa Tunari est calme. Évitez en revanche les pistes secondaires non balisées et les zones agricoles isolées sans guide local.
- Équipement : vêtements légers et imperméables, anti-moustique efficace, chaussures de marche fermées, protection contre l'humidité pour l'électronique.
- Santé : zone tropicale, prophylaxie antipaludique à discuter avec un médecin selon la saison.
À proximité
Pour prolonger l'itinéraire en Bolivie, plusieurs sites complètent bien une étape dans le Chapare :
- El Sillar, sur la route entre Cochabamba et Santa Cruz, point de vue spectaculaire sur les canyons andins.
- La montagne de Mururata, sommet de la Cordillère royale accessible depuis La Paz.
- La Vallée de la Lune, formations érodées aux portes de La Paz.
- Les mines de Cerro Rico à Potosí, pour une plongée dans l'histoire minière coloniale.
Questions fréquentes
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