
Musée de l'or du Pérou et des armes du monde
Musée de l'or du Pérou et des armes du monde
À Lima, le Musée de l'or du Pérou réunit 7 000 objets précolombiens et 20 000 armes anciennes, dont la plus grande collection de tumis au monde.
Le Musée de l'or du Pérou et des armes du monde (Museo de Oro del Perú y Armas del Mundo) rassemble dans le quartier de Monterrico, à Lima, deux collections constituées par un même homme : des milliers d'objets précolombiens en métal précieux et plusieurs dizaines de milliers d'armes anciennes provenant du monde entier. Une institution privée à l'histoire mouvementée, qui demeure une étape singulière pour comprendre les civilisations andines et l'évolution de l'armement.
Note : la fiche est rattachée à la Bolivie, mais le musée se situe bien à Lima, au Pérou. Une incohérence à signaler aux voyageurs.
Pourquoi visiter ce musée
Trois raisons motivent une visite. D'abord, la richesse des collections précolombiennes : orfèvrerie Moche, Chimú, Lambayeque, Vicus et Frías, vases rituels, masques funéraires, textiles. Ensuite, la section consacrée aux armes, l'une des plus vastes au monde dans une collection privée, avec des pièces allant du XIIIe siècle aux conflits du XIXe siècle. Enfin, l'histoire même du musée, marquée par une controverse retentissante sur l'authenticité d'une partie des pièces, qui en fait un cas d'école muséographique.
Histoire du musée
Le musée a été fondé en 1968 à partir de la collection privée de Miguel Mujica Gallo, homme d'affaires et diplomate péruvien passionné d'archéologie et d'armes anciennes. Soucieux d'éviter la dispersion de l'ensemble après sa mort, il en fit don à l'État péruvien en 1993.
Au début des années 2000, l'institution traverse une crise majeure. Une étude de l'Institut de Défense du Consommateur, organisme rattaché au gouvernement péruvien, conclut que 85 % des pièces en or exposées étaient des contrefaçons. La révélation provoque un débat national. Le député Luis Iberico avance alors l'hypothèse qu'un réseau mafieux aurait pu profiter de la dégradation de la vue de Mujica, en fin de vie, pour substituer des copies aux objets authentiques. Depuis, le musée a réorganisé une partie de son parcours et la collection demeure ouverte au public.
Que voir dans les collections
L'art précolombien
La section archéologique réunit plus de 7 000 objets en or, argent et platine, complétés par des céramiques, textiles et momies. Plusieurs ensembles méritent une attention particulière :
- La plus grande collection de tumis au monde, ces couteaux rituels semi-circulaires utilisés lors des sacrifices
- Des masques funéraires aux traits stylisés, témoins des rites mortuaires des élites andines
- Les vases rituels Keros et Aquillas, employés pour les libations cérémonielles
- Les ornements des cultures Moche, Chimú, Lambayeque, Vicus et Frías : pectoraux, diadèmes, boucles d'oreilles
- Les Unkus, tuniques de coton et de laine portées par les nobles, ainsi que des litières décorées
Les armes du monde
Réunie au fil des voyages diplomatiques de Mujica Gallo, la section militaire compte plus de 20 000 pièces, dont la plus ancienne remonte au XIIIe siècle. Le parcours retrace l'évolution des armes blanches et à feu sur tous les continents. Parmi les objets emblématiques :
- L'épée attribuée à Francisco Pizarro, conquistador du Pérou
- Le jeu d'échecs et les uniformes de Simón Bolívar
- Les uniformes de José de la Riva Agüero, premier président du Pérou
- Une paire de pistolets de duel hollandais en ivoire et or
- Un jeu de stratégie ayant appartenu à Napoléon Bonaparte
- Des armures de samouraï japonaises et des armes d'Afrique et d'Amérique du Nord
Informations pratiques
Comptez environ 1h30 à 2h30 de visite pour parcourir les deux sections sans précipitation. Les cartels sont en espagnol et en anglais ; un audioguide ou une visite accompagnée sont conseillés pour saisir le contexte des pièces précolombiennes.
Le musée ouvre tous les jours, hors jours fériés majeurs (1er janvier, 1er mai, 28 juillet, 25 décembre). Les horaires comme les tarifs étant susceptibles d'évoluer, vérifiez ces informations sur le site officiel avant votre visite. Le tarif adulte reste modéré, avec un demi-tarif pour les enfants. La réservation en ligne est recommandée durant la haute saison, de juin à septembre.
Comment s'y rendre
Le musée se trouve dans le quartier résidentiel de Monterrico, district de Santiago de Surco, à l'est de Lima. Depuis Miraflores ou le centre historique, le trajet en taxi prend généralement entre 30 et 60 minutes selon le trafic, souvent dense en semaine. Privilégiez les applications de transport (Uber, Cabify, InDriver) ou les compagnies officielles pour plus de sécurité.
En transports en commun, rejoignez d'abord le Museo de la Nación dans le centre, puis empruntez un combi (minibus) en direction de Monterrico. Descendez à l'arrêt Puente Primavera, puis comptez une quinzaine de minutes de marche vers le nord.
À proximité
Lima offre plusieurs autres musées de premier plan pour compléter une journée thématique : le Musée Larco, le Musée national d'archéologie, ainsi que les sites archéologiques urbains comme la Huaca Pucllana à Miraflores. Si votre itinéraire sud-américain se prolonge en Bolivie, plusieurs étapes naturelles et historiques méritent le détour, notamment la Vallée de la Lune près de La Paz, les mines de Cerro Rico à Potosí, ou encore El Sillar et la vallée du Chapare.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
L'enquête menée au début des années 2000 par l'Institut de Défense du Consommateur a estimé que 85 % des pièces en or exposées étaient des contrefaçons. Le musée a depuis revu sa muséographie et conserve un fonds documentaire, archéologique et militaire qui demeure d'un intérêt réel, indépendamment de cette controverse.
Une visite complète des deux sections demande entre 1h30 et 2h30. Les passionnés d'armes anciennes ou d'archéologie andine peuvent y passer plus de temps.
Oui, en empruntant un combi depuis le Museo de la Nación jusqu'à l'arrêt Puente Primavera, suivi d'une quinzaine de minutes de marche. Le taxi reste cependant plus simple et plus sûr depuis les quartiers touristiques.
La collection de tumis, couteaux rituels précolombiens, est considérée comme la plus vaste au monde. Côté armes, l'épée attribuée à Francisco Pizarro et les objets ayant appartenu à Bolívar et Napoléon sont les plus recherchés des visiteurs.
Inclure ce musée dans votre voyage
Le Musée de l'or du Pérou et des armes du monde s'inscrit naturellement dans une étape liménienne avant un circuit andin plus large. Pour construire un itinéraire combinant Pérou et pays voisins, consultez nos voyages en Bolivie et nos suggestions personnalisées.
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