Couvent de la Recoleta, Sucre

Couvent de la Recoleta, Sucre

Couvent de la Recoleta, Sucre

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SpiritualitéHistoire4 min de lecture

Fondé en 1600 sur les pentes du Cerro Churuquella, le Couvent de la Recoleta réunit musée, bibliothèque ancienne et belvédère sur Sucre.

Le Couvent de la Recoleta domine la ville de Sucre depuis les pentes du Cerro Churuquella. Fondé en 1600 par les Frères mineurs, ce vaste ensemble réunit aujourd'hui un couvent toujours en activité, un musée riche en patrimoine religieux et une esplanade qui offre l'une des plus belles vues sur les toits de la capitale constitutionnelle bolivienne.

Pourquoi visiter la Recoleta

La Recoleta concentre quatre siècles d'histoire religieuse, architecturale et politique de Sucre dans un même lieu. On y trouve une bibliothèque de plus de 20 000 ouvrages, un cèdre multiséculaire classé monument national, des œuvres peintes au XVIIe siècle et une chaire sculptée en 1674. Le site sert également de belvédère sur la ville blanche, particulièrement apprécié en fin d'après-midi.

Histoire du couvent

L'histoire du site commence en 1599, lorsque l'évêque Alonso Ramírez de Vergara fait acquérir la colline de Churuquella pour le compte de l'Ordre des Frères mineurs. La première pierre est posée en 1600 et le Révérend Père Francisco de Morales fonde la « Recolección de Santa Ana de Montesión en Chuquisaca », composée d'une église et d'un petit cloître.

Au fil du XVIIe siècle, l'ensemble s'agrandit : un étage est ajouté au cloître en 1650, puis de nouveaux cloîtres sont entrepris en mai 1655 à la demande de Don Domingo Aguilar. Après l'indépendance de la Bolivie en 1825, les communautés religieuses se réduisent. L'Ordre n'est rétabli qu'en 1837, sous l'impulsion du F. Andrés Herrero : dix religieux rejoignent alors La Plata, ancien nom de Sucre, pour reprendre l'évangélisation et la restauration des édifices.

En 1828, le couvent fait office de caserne militaire. Une plaque commémore aujourd'hui l'assassinat du président Pedro Blanco sur les lieux. L'église actuelle, elle, n'est bâtie qu'en 1875, bien après le couvent qu'elle complète.

Que voir au couvent

Les quatre patios

Le couvent s'organise autour de quatre patios, tous dotés d'arcs à deux lobes typiques de l'architecture coloniale andine.

  • Premier patio : il abrite la cellule du XIXe siècle où séjourna l'évêque franciscain Fray Mamerto Esquiu, ainsi que des fresques anciennes le long des galeries.
  • Deuxième patio : peintures sur tissu illustrant des scènes de prière, accès au cloître supérieur et entrée de la bibliothèque.
  • Patio des orangers (troisième patio) : un cèdre proclamé monument historique de la Bolivie en 1956 y trône, présenté comme un arbre de près de 1400 ans. À côté, le potager fournit encore une partie de l'alimentation des religieux.
  • Quatrième patio : il se distingue par ses colonnades et un tableau de San Pedro de Alcantara réalisé en 1600.

La bibliothèque

Logée près du deuxième patio, la bibliothèque archive plus de 20 000 ouvrages datant de 1600 à nos jours : philosophie, langues et linguistique, manuscrits relatifs à l'histoire bolivienne. Parmi les pièces marquantes figure une bible bilingue latin/espagnol vieille de plus de deux siècles. Un cellier voisin conserve la réserve de vin du couvent.

L'église de la Recoleta

L'église de 1875 présente une nef unique avec chapelle latérale, des piliers polygonaux à chapiteaux et un plafond à arcs gothiques. Le chœur conserve une chaire sculptée en 1674. Les motifs gravés sur les silleria, exécutés par des artisans indigènes, honorent les missionnaires franciscains martyrisés à Nagasaki, au Japon. On y voit également un tableau de la Vierge à l'Enfant et une représentation des martyrs franciscains.

L'esplanade et la Plaza Pedro de Anzurez

Face à l'église s'étend une vaste place ornée d'une pila réalisée par Don Martín de Oviedo. L'esplanade donne sur les toits de Sucre et se prolonge sous les arcades de la Plaza Pedro de Anzurez, point de rendez-vous au coucher du soleil. Plusieurs cafés du quartier permettent de prolonger la visite.

Quand visiter

Sucre bénéficie d'un climat tempéré toute l'année grâce à son altitude (environ 2 800 m). La saison sèche, de mai à octobre, offre les conditions les plus stables pour profiter du belvédère et des patios extérieurs. La saison humide (novembre à mars) connaît des averses surtout en fin de journée, mais la fréquentation y est plus faible.

Le musée ouvre du lundi au samedi avec des plages distinctes le matin et l'après-midi, fermées entre les deux ; le dimanche est généralement consacré aux offices. Mieux vaut se présenter en milieu de matinée ou en début d'après-midi, et vérifier les horaires sur place ou auprès de l'office de tourisme avant la visite. Pour la vue, viser la dernière heure du jour.

Infos pratiques et accès

Le quartier de la Recoleta se situe au sud du centre historique. Depuis la Plaza 25 de Mayo, côté cathédrale, prenez la rue Dalence en direction du sud-est : la montée mène directement à l'esplanade. Comptez une vingtaine de minutes à pied depuis la place principale, en montée régulière.

Sucre est desservie par l'aéroport Juana Azurduy de Padilla, à environ 6 km du centre-ville. Par la route, des liaisons nocturnes en bus relient Sucre à La Paz (environ 14 h), Cochabamba (environ 10 h) et Potosí (environ 6 h 30).

Le tarif d'entrée du musée reste modique (quelques bolivianos). Prévoyez 1 h à 1 h 30 pour la visite, davantage si vous prolongez sur l'esplanade. Une tenue couvrante est recommandée, le site restant un lieu de culte actif.

À proximité

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Oui. Une communauté franciscaine y réside encore et l'église accueille des messes quotidiennes. La partie ouverte au public correspond au musée, qui occupe les patios historiques, la bibliothèque et plusieurs salles d'exposition.
Comptez environ 1 h à 1 h 30 pour parcourir les quatre patios, la bibliothèque et l'église. Si vous prolongez par l'esplanade et un café sur la Plaza Pedro de Anzurez, prévoyez une demi-journée.
Les explications sur place sont essentiellement en espagnol. Des visites guidées en anglais sont parfois proposées, et un guide francophone peut être organisé depuis Sucre via les agences locales.
La photo est généralement tolérée dans les patios, mais souvent restreinte dans l'église, la bibliothèque et certaines salles d'exposition. Renseignez-vous à l'accueil avant de sortir l'appareil.
La fin d'après-midi, peu avant le coucher du soleil, offre la lumière la plus chaude sur les toits ocre de Sucre depuis l'esplanade et la Plaza Pedro de Anzurez.

Préparer la suite du voyage

La Recoleta s'inscrit naturellement dans un itinéraire combinant patrimoine colonial, hauts plateaux et grands espaces. Pour construire un parcours complet, consultez nos idées de voyage en Bolivie.

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