
Cimetière des trains, Uyuni
Cimetière des trains, Uyuni
À 3 km d'Uyuni, des dizaines de locomotives rouillées témoignent de l'âge d'or minier bolivien et du déclin ferroviaire des années 1940.
À environ 3 km du centre-ville d'Uyuni, des dizaines de carcasses de locomotives à vapeur et de wagons rouillent à ciel ouvert, en bordure du Salar. Ces trains, vestiges de la première ligne ferroviaire bolivienne, témoignent de l'âge d'or minier de la région et de son brutal déclin au milieu du XXᵉ siècle. Le site, jamais transformé en musée, reste un dépotoir métallique à l'air libre, devenu une étape quasi-obligée avant l'entrée dans le désert de sel.
Pourquoi visiter le Cimetière des trains
L'intérêt du lieu tient à trois éléments : la mémoire d'une époque (la Bolivie comme grande exportatrice minière de la fin du XIXᵉ siècle), une scénographie involontaire faite de métal corrodé et de graffitis, et sa position d'antichambre du Salar d'Uyuni. Le site n'est pas spectaculaire en soi, mais il prend du sens dès qu'on en connaît l'histoire et qu'on l'associe à la suite de l'itinéraire vers le désert de sel.
- Un témoignage direct du passé minier bolivien et de la perte de l'accès à la mer
- Un décor brut, photographique, à ciel ouvert, accessible librement
- Une étape logique sur la route du Salar, à combiner avec Colchani et Incahuasi
Histoire du site
Les chemins de fer figurent parmi les priorités du gouvernement d'Aniceto Arce, président constitutionnel bolivien arrivé au pouvoir en septembre 1888. Sous son mandat, une part considérable des recettes fiscales est affectée à ces chantiers. La première ligne de chemin de fer en Bolivie relie Antofagasta à Uyuni, qui accueille son premier train le 20 novembre 1890. Le projet prend de l'ampleur sous la présidence du Dr Eliodoro Villazón, avec l'arrivée d'investisseurs internationaux attirés par l'exploitation minière.
Uyuni devient alors un carrefour ferroviaire stratégique pour le transfert de l'étain, de l'argent et de l'or depuis le site minier d'Huanchaca vers les ports du Pacifique. L'activité décline dans les années 1940, après que le Chili a privé la Bolivie de son accès à la mer. Les administrateurs de la ligne projettent alors de regrouper les machines hors service dans un dépôt, en vue d'un recyclage ultérieur des pièces. Le projet est négligé, le site progressivement pillé : c'est ainsi qu'est né le cimetière des trains.
Que voir sur place
Les locomotives et wagons
Une vingtaine de locomotives à vapeur et de wagons-citernes reposent sur d'anciennes voies, en grande partie démantelés par le pillage et l'érosion. Les châssis sont accessibles, certains visiteurs y grimpent, mais la prudence reste de mise (métal coupant, plancher instable).
Les graffitis
Les carcasses servent de support à un art urbain irrégulier mais éloquent. Deux inscriptions reviennent souvent dans les photos du site : « Aquí yace el progreso » (« Ici gît le progrès ») et « Así es la vida » (« Ainsi va la vie »), résumant à elles seules le destin du lieu.
L'ambiance d'altiplano
À plus de 3 000 m d'altitude, l'air est sec, le vent froid, la lumière tranchée. La poussière et l'odeur de rouille dominent. Le décor change selon l'heure : contre-jour le matin, métal saturé en milieu de journée, silhouettes nettes au coucher du soleil.
Infos pratiques
- Statut : site libre d'accès, non clôturé, sans billetterie ni musée officiel
- Distance depuis Uyuni : environ 3 km au sud-ouest du centre
- Durée de visite : 30 min à 1 h suffisent généralement
- Équipement : chaussures fermées, coupe-vent, protection solaire, eau
- Inclusion : la quasi-totalité des excursions vers le Salar d'Uyuni intègrent un arrêt au cimetière
Le site n'est ni surveillé ni entretenu : le respect du lieu (déchets, tags supplémentaires) relève de chaque visiteur.
Quand y aller
L'altiplano bolivien connaît deux saisons. La saison sèche (mai à octobre) offre un ciel dégagé, idéal pour la photo, mais des nuits glaciales (souvent sous zéro). La saison des pluies (décembre à mars) rend les pistes plus délicates, mais c'est aussi la période où le Salar voisin se transforme en miroir géant. Le cimetière reste accessible toute l'année, le climat sec préservant naturellement les épaves.
Comment s'y rendre
Uyuni se trouve à la confluence de quatre lignes ferroviaires majeures desservant La Paz, Potosí, Calama (Chili) et Villazón (Argentine). L'aéroport Joya Andina propose des dessertes limitées vers Sucre et La Paz. Le bus reste l'option la plus utilisée pour rejoindre la ville :
- Depuis La Paz : 540 km, environ 10 h de route
- Depuis Potosí : 240 km, environ 6 h
- Depuis Oruro : 320 km, environ 8 h
Une fois à Uyuni, le cimetière se rejoint à pied (45 min environ depuis le centre), en taxi pour quelques bolivianos, ou dans le cadre d'une excursion organisée vers le Salar.
À combiner aux alentours
Le cimetière des trains est rarement une visite isolée. Les sites suivants se prêtent à un circuit cohérent :
- Salar d'Uyuni : environ 11 000 km², la plus vaste étendue de sel au monde
- Incahuasi (« maison de l'Inca ») : île rocheuse au cœur du Salar, peuplée de cactus géants atteignant une dizaine de mètres
- Fabrique de sel de Colchani : à une vingtaine de minutes en voiture d'Uyuni, pour comprendre l'exploitation artisanale du sel
- Chullpas de Pumiri : tours funéraires précolombiennes de la région
Les amateurs d'histoire minière prolongeront vers les Mines de Cerro Rico, à Potosí, qui ont longtemps alimenté les trains aujourd'hui à l'abandon.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Non. Le site est en accès libre, non clôturé, sans billetterie. Il ne s'agit pas d'un musée mais d'un dépotoir ferroviaire historique laissé à l'air libre.
30 minutes à 1 heure suffisent à la plupart des visiteurs. La majorité des excursions vers le Salar y consacrent un arrêt de cette durée.
Le déclin de l'activité minière dans les années 1940, lié notamment à la perte de l'accès bolivien au Pacifique face au Chili, a rendu une partie du parc ferroviaire inutile. Un projet de recyclage des pièces a été abandonné, puis le site pillé.
Le site n'est pas surveillé et beaucoup de visiteurs grimpent sur les épaves. Le métal corrodé, les arêtes coupantes et les structures instables imposent toutefois la plus grande prudence.
La saison sèche (mai à octobre) offre la lumière la plus stable et un ciel dégagé. Les heures dorées du matin et de fin d'après-midi donnent les meilleurs contrastes sur le métal rouillé.
Préparer votre voyage
Le Cimetière des trains s'inscrit naturellement dans un circuit incluant le Salar et le sud-Lipez. Pour construire un itinéraire sur mesure intégrant Uyuni, Potosí et l'altiplano, consultez nos voyages en Bolivie.
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